Interview Loreleï BOQUET-VAUTOR, rédactrice en chef de beauté Test et lead beauté chez auFéminin.
Quand elle était enfant, Loreleï piquait les Marie Claire de sa mère pour les lire avant elle tellement elle était impatiente ! Quelques années plus tard, après de brillantes études (khâgne et Master d’études culturelles), elle est aujourd’hui rédactrice en chef de beauté Test et lead beauté chez auFeminin ! L’occasion de discuter avec elle de l’évolution du secteur (print vs. digital), des dernières tendances beauté, des petits gestes green au quotidien et de … compléments alimentaires (attention elle est experte !). Une personne vraiment solaire et inspirante !
Peux-tu nous raconter ton enfance ?
Mes parents m’ont eu très jeunes et se sont séparés quand j’avais 18 mois. Du coup, j’ai eu une enfance que je qualifierais de chahutée : j’ai beaucoup bougé (j’ai vécu à Évreux, Chartres, Montpellier, Grenoble, près de Genève), fréquenté plus d’adultes que d’enfants et dû m’adapter souvent. Je crois que c’est de là que vient mon besoin d’en faire toujours plus et de ne pas supporter l’inaction. Dans la vraie vie, je suis rarement chez moi et je ne suis pas quelqu’un qui sait se poser et ne rien faire, à trois exceptions près : quand je vais au cinéma, que je fais un bon massage et que je fais du yoga ou de la méditation.
Comment as-tu choisi tes études ? Quel souvenir gardes-tu de ta khâgne ?
J’ai toujours aimé le monde de la culture. Petite, j’ai pas mal voyagé avec mon père qui m’a fait faire les musées italiens en long, en large et en travers, et j’ai adoré ça ! Je me souviens aussi avoir découvert un livre sur l’Égypte ancienne à la bibliothèque et avoir longtemps voulu en faire mon métier.
Ma mère et mon beau-père m’ont toujours poussé dans mes études (ils sont de la team, « pourquoi tu n’as pas eu 20 ? ») tout en me laissant beaucoup d’autonomie : je faisais pas mal de sport, je sortais beaucoup avec mon équipe de water-polo à Genève, je partais en compétition en Suisse le week-end, j’étais entourée d’adultes et j’ai grandi vite.
À 17 ans, je suis partie à Annecy faire hypokhâgne et khâgne. Clairement, c’était un autre monde. J’ai dû apprendre à me calmer et à travailler quinze heures par jour et ça, je sais que c’est une force aujourd’hui. En sortant, j’ai téléphoné au directeur de la section « esthétique » de la Sorbonne et il m’a prise directement en troisième année de licence. Je suis passée de 3 de moyenne en prépa à 17 à la fac. J’ai fait une double licence (« esthétique » et « médiation culturelle »), suivi d’un double master (« études culturelles » et « sciences et techniques de l’exposition »), tout en faisant des stages, parce que je savais que c’est ce qui me donnerait un job à la fin.
D’où te vient cet amour de l’écriture ? Qu’est-ce qui est le plus facile / difficile dans l’écriture ?
J’ai toujours aimé les mots. Aussi bien les lire que les écrire. J’ai appris à lire à quatre ans en déchiffrant les noms des enseignes dans la rue. Le premier mot que j’ai su lire est « pizza », ce qui est assez étonnant parce que c’est un plat dont je ne suis pas très fan. Autant mes amis, voire mes collègues te diront que je peux être maladroite avec mes mots (j’ai tendance à dire ce que je pense avec un peu trop de sincérité, même si j’y travaille) autant à l’écrit en général, je me débrouille assez bien pour exprimer ce que je ressens. Mais ce que j’aime, c’est surtout être didactique et apporter de l’info aux autres à travers les mots.
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Tu as travaillé dans le magazine PUBLIC chez Lagardère, chez Plurielles.fr dans le groupe TF1 puis chez Femme Actuelle chez PRISMA et enfin chez beauté Test chez UNIFY, en quoi la culture d’entreprises de ces médias diffère-t-elle ?
J’ai travaillé pour ces groupes surtout en qualité de pigiste. Depuis le départ, le groupe TF1 ne m’a jamais lâché : j’ai commencé comme pigiste chez Plurielles.fr, puis sur mytf1, myTF1news, Beauté Test et maintenant auFeminin. Le comble pour quelqu’un qui au départ a grandi sans la télévision et qui n’a pas trop l’habitude de zapper.
Avant la culture d’entreprise, je retiens surtout les rencontres humaines et/ou professionnelles que j’ai pu faire et qui ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui : Alex mon mentor chez Marie France, Virginie chez Femme Actuelle, Ingrid chez Plurielles, Teddy, Marianne, Alexia… Je crois aux jolis hasards de la vie. Le monde de la beauté est un petit milieu, les personnes très professionnelles sont rares et il faut savoir les garder près de soi.
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Comment vois-tu l’avenir du print vs. digital ?
J’ai toujours aimé la presse. Je l’aimerai et la soutiendrai toujours. À 10 ans, je piquais les Marie Claire de ma mère pour les lire avant elle tellement j’étais impatiente et ça la rendait dingue ! Très vite dans ma carrière, j’ai eu l’occasion de travailler à la fois sur le print et le web et j’ai adoré ça, car c’était pour moi la possibilité de traiter tous les sujets sans avoir à faire de concessions. D’autant qu’à l’époque, j’écrivais pour des cibles très diversifiées.
Aujourd’hui encore, j’ai la chance de pouvoir jouer sur différents tableaux. En pilotant le pôle beauté du groupe Unify sur des comme auFeminin et Beauté Test, je n’écris que sur le web certes, mais je m’adresse à des cibles totalement différentes. Le premier est grand public et plutôt 25-40 ans et s’adresse à des lecteurs en quête de tendances beauté, le second s’adresse à des passionnés de beauté experts, plutôt sur une tranche 30-60 ans.
Pourquoi as-tu choisi de t’intéresser à la beauté ?
C’est une histoire de hasard qui fait bien les choses. Dans le cadre de mes études, je devais faire un stage obligatoire. J’avais déjà pas mal d’expériences en centres culturels et je restais un peu « sur ma faim ». J’avais peur de m’ennuyer, de passer ma vie à attendre un public pas forcément prêt à dialoguer dans le cadre de la médiation culturelle. J’adorais la presse féminine et l’écriture et je voulais faire un stage dans les rubriques culture, juste pour voir.
De mon balcon, je voyais le groupe Marie Claire et ça me faisait rêver. Un jour, le service RH m’a dit : « on a bien quelque chose, mais à la beauté chez Marie France ». Je commençais à avoir peur de ne rien trouver. J’ai tenté l’entretien en me disant qu’au moins je verrai comment ça fonctionne et que ça ne m’engageait à rien. Et il se trouve que par ailleurs, j’adorais la beauté. J’y ai fait la rencontre qui a changé ma vie à l’époque et c’est de là que tout est parti.
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Que penses-tu de la « clean beauty » ?
Si l’innovation en matière de beauté m’étonnera toujours, ses dérives écologiques sont préoccupantes. Aujourd’hui, impossible pour une marque qui se développe de ne pas adopter des réflexes clean en minimisant l’impact qu’elle a sur la planète (proposer des formules épurées et si possible biodégradables, des packs recyclés et recyclables…) - sous peine de risquer le bad buzz - et c’est une bonne chose.
Attention toutefois à ne pas trop en faire et prôner des valeurs écologiques, juste parce que cela fait bien sur le papier. Aujourd’hui, les consommateurs sont avertis et de plus en plus nombreux à vérifier ce qu’ils consomment ; on ne peut plus leur faire croire n’importe quoi. Pour moi, c’est un signe très positif.
Quels sont au quotidien tes petits gestes green ?
Sans être une gourou du green, l’écologie est pour moi un sujet important et une préoccupation de tous les jours, même si quelque part, je fais un métier qui prône la consommation, voire la surconsommation. Je n’utilise que des produits ménagers écologiques, voire uniquement du vinaigre et du bicarbonate. Je me fiche que ça sente « le propre », de toute façon j’ai une aversion pour les odeurs trop chimiques.
Je ne focalise pas dessus, mais si je peux, je privilégie les ingrédients bruts et non transformés en cuisine, voire bio. Je vais au marché chaque semaine avec mes sacs et mes sachets en tissu, ainsi que mes boîtes en verre, car je ne veux pas consommer de jetable. Je mange très peu de viande autant par goût que par conviction, et peu de produits laitiers. Je ne consomme plus de bouteilles en plastique, ma gourde me suit partout, même à l’autre bout du monde ! Je n’utilise plus de sopalin, d’aluminium ou de film plastique et plus non plus de coton jetable depuis longtemps et si j’utilisais des protections hygiéniques, elles ne seraient pas jetables non plus !
Enfin, je prends certes deux douches par jour, mais promis, je me lave à l’eau froide, je ne laisse pas couler l’eau et tout compris ça dure moins de deux minutes ! Et bien sûr, je recycle tout et ne jette jamais rien qui puisse servir à quelqu’un d’autre que moi.
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Quelle est ta beauty routine au quotidien ?
Cela fait très cliché j’en conviens, mais c’est pourtant une réalité, je n’irai pas me coucher sans être lavée et démaquillée, même à 4h du matin. J’ai été élevée avec l’idée que d’aller au lit sans s’être lavé « les dents, sous les bras, les fesses et les pieds, c’était sale » et c’est ancré en moi. 95% du temps, je me crème après la douche le corps et les pieds. Quant au démaquillage, je ne vous fais pas un dessin : on n’a encore rien trouvé de plus efficace pour conserver une jolie peau tonique. Ça et ne pas s’exposer au soleil bien entendu !
Le matin, je fais un simple nettoyage à la lotion ou à l’eau florale, suivi d’un pschitt d’eau isotonique (l’Eau Cellulaire d’Institut Esthederm ou la Brume Activatrice Bio-Equilibrante Mise 27 de Cosmtics 27 sont mes Favorites). Puis j’applique un contour des yeux (One Essential Eye Serum de Dior), un contour des lèvres (Aventurine Kiss Lip Serum d’Odacité), une crème régénérante et réparatrice (Crème anti-âge Baume 27 de Cosmetics 27). Enfin, j’applique un filtre solaire tous les jours de l’année ou presque (Oil Shield UV Défense Sunscreen de SkinCeuticals). Place au make up.
Le soir, je suis adepte du double démaquillage, que je troque quelques soirs par semaine par un nettoyage à la brosse nettoyante. Ma préférée : celle de Panasonic. J’applique sur ma peau une lotion peeling à base d’AHA (Lotion Peeling éclat Very rose de Nuxe), suivie d’un contour des yeux (Soin éclat contour des yeux anti-cernes de Ren) et d’un mélange sérum anti-âge (Sérum N°05 anti-âge de Codage) et crème spécial éclat à base de vitamine C (Crème de nuit éclat anti tache de Ren) pour un grain de peau plus harmonieux.
En cure dans l’année, je vais voir mon médecin esthétique pour un peeling, des séances de mésothérapie ou des injections d’acide hyaluronique, car je crois beaucoup au pouvoir de la médecine esthétique en prévention.
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Comment partages-tu ton temps aujourd’hui ?
Mes journées de travail sont bien remplies. Pour le peu de temps qu’il me reste, je privilégie quasi quotidiennement les séances de sport (de la course, de la boxe, de la danse…) ou de méditation (yoga, breathwork). C’est un peu ma bulle de décompression. Pour me vider la tête, j’aimer cuisiner ou lire. Dans la vraie vie, j’aime aussi beaucoup sortir entre amis, je suis accro au ciné et j’arpente les allées des musées. Quand je peux, j’aime aussi me faire masser. Mon spot préféré ? La Maison du Tui Na dans le Marais ou la Méthode Anne Cali pour ses massages drainants très efficaces.
Quel est le rêve qui te reste à réaliser ?
Je me suis toujours challengée dans la vie et il se trouve qu’actuellement, j’ai atteint pas mal des objectifs que j’imaginais accomplir quand j’étais petite. Quand je vous dis que les mots me plaisent, je me dis que l’écriture d’un livre pourrait me rendre fière.
Quel est le plus beau voyage que tu aies réalisé ? Pourquoi ?
Mes parents et ma plus jeune sœur vivent à New York et par conséquent, dans la vraie vie, j’ai l’occasion de m’y rendre souvent. J’aime cette ville et son dynamisme. Mais je dirais que mon plus beau voyage est ma virée à Buenos Aires. J’y ai déambulé dans les rues de longues heures, découvert de beaux paysages et retrouvé ma prof d’espagnol devenue une amie quand j’étais au lycée. Enfin, il suffit que je passe la douane marocaine pour me sentir sereine.
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Quel est le meilleur conseil que l'on t’ait jamais donné ?
Petite, j’ai été diagnostiquée hyperactive et bourrée de médicaments pour être calmée. À l’époque, on ne cherchait pas trop à comprendre… Sans le savoir, deux personnes m’ont aidé à ne plus avoir peur de mon hypersensibilité (l’hyperactivité en est un des signes) et même à en faire une force, que ce soit personnellement comme professionnellement. Il m’a fallu presque trente ans pour le comprendre, mais je peux vous dire que ce déclic m’a fait grandir comme jamais. Avant un enjeu important, je m’efforce aussi de mettre en pratique les quatre accords toltèques et j’applique des techniques de respiration.
Comment progresses-tu ?
En me remettant régulièrement en question, et en m’entourant de personnes qui me tireront vers le haut. Pour moi, c’est fondamental de comprendre que dans la vie, rien n’est jamais acquis. J’ai aussi tendance à me dire que si je ne peux pas passer par la porte, je peux toujours tenter de passer par la fenêtre. Je suis aussi une vraie adepte des livres et manuels de développement personnel et de management.
Quelle est ton addiction ?
Je crois qu’on peut sans trop de mal dire que je suis accro à mon job. Il me passionne et je lui consacre une grande partie de ma vie et de mon énergie. Sinon, j’entretiens une relation assez fusionnelle avec mon téléphone, tandis que l’ordinateur portable n’est jamais très loin : bref, j’ai besoin d’être connectée. Tout n’est pas perdu, j’ai déjà vaincu mon addiction au Coca light, que je n’assumais plus trop ahahaha. Voilà pour ce qui est des addictions avouables.
Que penses-tu des compléments alimentaires ? En prends-tu personnellement ?
Je suis profondément convaincue par les bienfaits des compléments alimentaires et en consomme régulièrement. Comme tous les parisiens, et parce que je ne m’expose pas, mon taux de vitamine D est naturellement très bas. Je suis donc obligée de me supplémenter, mais je refuse de prendre les ampoules délivrées sur ordonnance par les médecins, pas super pour le foie, car elles délivrent une très grosse dose d’un coup. Pendant les mois non ensoleillés, je prends la D3++ de chez D.plantes, qui est formidable. Je la couple avec de la vitamine K2, afin qu’elles se synthétisent en synergie.
En cure dans l’année, il m’arrive aussi de prendre de la vitamine C. Enfin, ayant une peau de nature atopique, et pour prévenir son vieillissement, je fais régulièrement des cures de compléments à base d’onagre, de bourrache, de resvératrol, d’argan par exemple. Au quotidien, j’ajoute aussi des gouttes d’huile végétale (argan, jojoba, cameline, pâquerette…) dans mes crèmes corps pour les rendre plus riches, plus raffermissantes…
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Que penses-tu de Colette Lab ? As-tu un conseil nous prodiguer ?
Je ne connaissais pas bien l’histoire et le concept de la marque avant d’être contactée pour cette interview. Je nous trouve d’ailleurs certains points communs, je sais à quel point l’alimentation peut être un sujet et une source de souffrance, et j’apprécie les marques qui s’engagent pour le body positivisme.
Merci Loreleï <3
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